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N'AYONS PAS PEUR : LE DESIR DE PARTAGER N'EST PAS UNE MALADIE...

Un jour, ayant eu peur de m'éloigner, j'ai marché jusqu'à la foret des choses, et je me suis assis sur un petite coline, au milieu du Tout, la tête levé, veillant à ce que, comme le Soleil, la Lune et les autres astres, quelqu'un, quelque part, comptent mes yeux parmi ses étoiles...                        

 

             

 

Mardi 27 septembre 2005

LE SACRIFICE…

Une fois arrivée dans sa maison, une petite crevasse

Située au fond de l’eau, où vivait sa modeste famille,

Le petit poisson présenta fièrement l’œuf à la populace,

En chantant à tue-tête et dansant un amusant quadrille.

 

Sa mère qui connaissait un peu la nature des choses

Pour avoir parcouru la rivière dans toute sa longueur,

S’exclama soudainement : « mon enfant de suite pose

Cet œuf ou je serai, contre toi, de méchante humeur ! »  

 

   « Mais enfin qu’ai-je fais mère ? Répondit le petit poisson.

En me baladant au fil de l’eau, j’ai trouvé par bonheur,

Un ami avec qui je peux, toute la journée, faire le fanfaron.

Est-ce un crime d’avoir, au fond de l’eau, un ami de cœur ? »

 

 

« Oh mon fils, mon enfant, tu es jeune et sans expérience.

Il y a des choses qui ne se font sans l’accord de Dame Nature :

Voilà cet œuf d’oiseau que tu as trouvé lors de ton errance,

Voilà ce père Colibri, mort en cherchant sa progéniture ».

 

 

En voyant l’oiseau mort dans les nageoires de sa mère,

Le petit animal poussa un cri de terreur. « Mère ! dit-il,

Mère ! Ton fils est un assassin, ton fils a tué un père ! »

«Enfant, sauve cet œuf, ta peine à porter sera plus facile ».  

 

  Le petit poisson alla rapidement jusqu’au bord de la rivière

Et bouche hors de l’eau, appela avec force Madame Colibri.

Celle-ci, si triste depuis la fatale chute, descendit jusqu’à terre

En larmes, récupérer le fruit de son amour, son enfant chéri.

 

 

Le petit poisson, en pleurant, s’adressa à l’oiseau qui s’en allait : 

« Me pardonnerez-vous d’avoir causé de votre époux la mort? »

« Sèche tes larmes mon enfant, je vais déposer dans son nid douillet,

‘Ce pauvre petit œuf’ : il fait bien trop froid pour lui dehors… »

  « Ceux que la nature arrache à la vie, jamais elle ne nous les rend,

Sèche tes larmes mon enfant, dit la mère à son petit poisson.

Oh Bonne Mère, j’aurai pu lui expliquer tout cela autrement,

Pourquoi Nature, lui donner si tôt, une si pénible leçon… »

NEG 

Par KAYMWENKRAZE MAPVIVNANBWA - Publié dans : negmon
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Mardi 27 septembre 2005

Amère Nature…

 

Le mâle n’étant pas à sa première progéniture,

S’accommodait assez facilement des disgrâces 

 

Et autres malheurs qui font que Dame Nature

Ne redonne jamais ce que de la vie elle efface.

 

 

Mais voyant le désespoir dans les larmes de la mère,

Monsieur Colibri, de son état, voulu la consoler :

« Ma chère épouse, que votre tristesse considère

Qu’il nous reste par fortune, encore un œuf à cajoler ! »

 

 

Il n’en fallut pas plus pour la faire succomber.

Elle se mit à hurler, alertant tout le voisinage.

 

Chacun désormais dans la nature, avait une idée

De la douleur de perdre un enfant en bas âge…

 

 

Pendant ce temps, au fond de la petite rivière,

Le petit poisson qui nageait jusque là sans amis,

Etait heureux de vivre une amitié première

En compagnie du petit œuf tombé du nid.

 

 

Au-dessus de là, le père supportant les cris qu’avec peine,

Et ne voulant pas voir sur le doux visage de sa femme

Qu’il aimait tant, du regret, de l’amertume et de la haine,

Se décida à plonger dans l’eau pour satisfaire sa dame.

 

 

A SUIVRE…  

 

NEG


Par KAYMWENKRAZE MAPVIVNANBWA - Publié dans : negmon
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Vendredi 23 septembre 2005

L'OEUF DE COLIBRI

 

Un petit poisson nageait dans l’eau claire,

Profitant des rayons du soleil la douceur

Qui avait le pouvoir de laisser ouvert

A toutes les folies son petit  bon cœur.

 

 

Au-dessus de lui, vivait un vert  colibri

Avec sa femme et ses deux petits œufs,

Dans le trou d’un mur naturellement bâti,

Afin que ne leur arrive rien de fâcheux.

 

 

Mais en gesticulant dans le nid douillet,

Le mâle habituellement dans son attitude

Aussi à l’aise qu’une mouche dans le laid,

Fit tomber l’un des œufs de son altitude.

 

 

Le petit poisson qui, par hasard, passait

Sous le nid de la petite famille ailée,

Aperçu au fond l’ovale de l’œuf qui coulait

Et se précipita pour recueillir le noyé.

A SUIVRE...

NEG

Par KAYMWENKRAZE MAPVIVNANBWA - Publié dans : negmon
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Jeudi 22 septembre 2005

MAIS AU BOUT DU COMPTE, ON SE REND COMPTE...

 

Il ne voulait pas partir comme ça…

Il tourna autour du Puits une fois,

Cherchant s’il distinguait un mouvement en bas,

Et ne pouvant percer le fond des choses,

Il passa sa main dans sa barbe noire un moment,

Cracha sur le sol qu’on lui promettait

Et refusa l’offre des Promoteurs.

Il rentra chez lui, décrocha la dernière arme chargée

 

De son mur de souvenirs

Et, marchant péniblement,  

Il s’avança vers sa fenêtre,

L’œil toujours étincelant,

Tenant l'arme au bout de son bras tremblant

Visant, tirant sur tout ce qui n’était pas du coin,

Et cria de sa voix d’ancêtre : 

 « Toujours vivre, mourir, sans raison ? »

 

 

Voyant que personne ne fut atteint dehors,

Il se mit à pleurer à chaudes larmes ;

en frottant ses yeux d’ivrogne

on aurait cru,

à chaque crispation de son vieux corps,

Voir la douleur d’un enfant abandonné.

 

 

Puis il rajouta dans sa barbe :

« Cent raisons pour vivre,

Et mourir sans raison… »

 

 

Dehors, comme on le connaissait bien,

On ne fit pas attention à ses jérémiades.

La pancarte « à vendre » bien implanté dans le sol,

Visible au regard de tous les Passants,

On installa un tapis rouge

Qui garantissait un chemin

Entre la maison et le Puits.

Le vieil homme sentant le Grand Sommeil venir,

Sortit de la maison pour affronter la Réalité.

Il enleva, avec peine, tous ses vêtements,

Et se tint debout devant sa porte,

La vertébrale de son dos courbée.

 

 

L’un des promoteurs, le voyant hésiter, lui dit :

« Maintenant c’est terminé Monsieur,

Il faut vous résigner.

Vous ne pouvez plus faire marche arrière :

Personne ne peut faire machine arrière »

  

 

Le vieux débris, épave d’une seule traversée,

marcha sur le tapis, portant son être

Péniblement jusqu’au Puits.

  Il regarda en passant la seule œuvre de sa vie :

Un amas de pierre étrangement disposé et sourit en lui-même.

Enfin au bord du Gouffre, il posa sa main sur le bord…

 

 

Mais il ne voulait pas partir comme ça…

Il tourna autour du Puits encore une fois,

Cherchant s’il distinguait un mouvement en bas,

Et ne pouvant percer le fond des choses,

Il passa sa main dans sa barbe noire un moment,

Cracha sur le sol qu’on lui promettait

Et refusa l’offre des Promoteurs…  

 

NEG

 

        


 

 

Par KAYMWENKRAZE MAPVIVNANBWA - Publié dans : negmon
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Jeudi 15 septembre 2005

Le Safari...

 

La Saison, je le sens, va commencer.

  Debout sur un rocher comme sur mon Île,

L’œil protégé par l’ombre de ma main,

Je parcours du regard l’immensité de la plaine,

Et je contemple avec vanité, là-bas,

Sur les grandes terres de liberté,

Les Bêtes Sauvages qu’il faudra tuer, 

Et je dis en moi-même : « Il est temps de partir… »

 

Quittant mon rocher

Comme on quitte son Île,

Avec le regret, le doute et la peur au ventre,

Je rassemble mes affaires,

Tout ce qui sera nécessaire

A ma survie loin de ma Grotte Natale :

  Mon arc et mes flèches dans mon dos,

Mon couteau aiguisé sur ma hanche,

Ma lance dans ma main droite,

La pointe orientée vers mes Proies,

L’Hypocrisie, la Paresse, le Mensonge,

La Lâcheté, la Négligence, l’égoïsme et la Facilité.

 

 Avançant contre le cours naturel des choses…

 

 

J’entame contre moi-même,

Un curieux Safari…

 

NEG

               

Par KAYMWENKRAZE MAPVIVNANBWA - Publié dans : negmon
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