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N'AYONS PAS PEUR : LE DESIR DE PARTAGER N'EST PAS UNE MALADIE...

Un jour, ayant eu peur de m'éloigner, j'ai marché jusqu'à la foret des choses, et je me suis assis sur un petite coline, au milieu du Tout, la tête levé, veillant à ce que, comme le Soleil, la Lune et les autres astres, quelqu'un, quelque part, comptent mes yeux parmi ses étoiles...                        

 

             

 

Mardi 13 septembre 2005

LA DANSE DE LA PLUIE...

 

Je l’avais tenu pour responsable de ma fébrilité,

 

 

Moi qui avais placé mon Tipi hors d’atteinte,

Flânant tranquillement parmi les animaux sauvages,

Qui savaient au fond ma fragile consistance…

   

Moi, oh ! Pauvre de moi (on est à l’abri de rien…)

qui me baladais aisément au sommet des choses,

En rien lassé d’avoir tout vu et tout découvert,

Et sans le moindre doute quant à ma Chute,

 

Je ne l’imaginais pas traverser la mer jusqu’à moi.

 

Puis elle m’a dit avec certitude: 

« Rentre en ma demeure,

Suit cette chaleur, Exultation  de mon Soleil,

Elle te mènera jusqu’à la Source.

  Pose une main sur l’Ebène de peau,

Parcourt (prend ton temps, je suis Offrande…)

Les collines et les forets de mon être,

Reconnais la terre qui est tienne désormais

Et respire calmement avant d’aller plus loin…

Le chemin, tu t’en doutes, sera long… »

 

Malgré l’effort qu’il fallait faire

Pour gravir cet Autre sommet,

Je ne me découragea pas.

Laissant tomber mes attirails,

Mon arc, mes flèches et mon couteau

(mon Ame de chasseur me suffira peut-être),

Nu comme le premier jour de la Grande Arrivée,

 

 

Je commençais la terrible Ascension…

 

En cherchant une fixation durable,

 

 Pour assurer ma prise et ma vie,

je mis la main sur Son cœur…

Qui semblait supporter la charge.

 

Soudain, étonnée de voir que Ma Terre

Ne m’était pas inconnue,

Elle m’arrêta au milieu d’un carrefour

Où je cherchais obstinément ma route,

Et me dit en soupirant : 

 

«Tout Chef Indien que tu es

( Pleine Lune que l’on te surnomme),

A danser ainsi autour de moi,

Tu finiras par provoquer le Grand Orage…

Et Ne compte pas sur ta Nouvelle Terre

Pour avaler la Pluie…» 

NEG

                   

 

Par KAYMWENKRAZE MAPVIVNANBWA - Publié dans : negmon
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Samedi 10 septembre 2005

LA SERENITE…

 

Des bruits de canons un peu partout,

La Haine et le mensonge pour voisinage,

Les plaies non cicatrisées réclament leur couteau,

La main qui perd la mémoire, se cogne aux visages,

Dans la chambre du voisin, le lit des amants est vide,

 

En bas de l’immeuble, vautré, celui qui n’a rien,

Semble avoir mis son âme dans un chapeau,

A votre bon cœur Messieurs, à votre caresse Mesdames,

Mais ce soir la pollution indispose les bonnes intentions,

 

Sur le petit écran de paille (une allumette si possible…)

Défilent nos peines, le sang versé ici et là,

On voit peu de gens s’occuper de rien, vraiment de rien,  

 

On voit surtout des fous s’occuper de tout, oui de tout

Et passer à côté de l’essentiel, sans une révérence,

Un chien marche le long du trottoir de la ville,

Et rage de ne pouvoir mordre son maître,

Lui qui rêvait, avant, d’être le Loup dans la fable…

 

Puis, si l’on fait bien attention,

Si l’on regarde en direction de la Lune,

Un homme (sans ailes et sans reproche)

Se tient sur le bord d’une fenêtre,

Les yeux fermés à tout ce qui se passe,

 Il n’est plus tout à fait là,

Il est en train de tout pardonner…

Il va retrouver enfin

La Sérénité…

NEG 

                              


Par KAYMWENKRAZE MAPVIVNANBWA - Publié dans : negmon
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Vendredi 9 septembre 2005

Le Gouffre…

 

 

Il ne me restait plus grand chose dans la tête, mais il fallait nourrir le Monstre.

Ne reculant devant rien ( la dignité de mes Ancêtres ne serait le permettre)

J’avançais vers le Gouffre, au risque de ma vie.

La voix tremblotante, l’esprit en désordre (comme il se doit),

Je lui dis avec le souffle qui me restait de courage :

   

 

« Oh Gouffre insatiable, toi qui ne laisse passer

que le Soleil et la Lune au-dessus de ta Tanière,

toi qui ne risque rien car tu es large comme le Tout,

Je viens ici à nouveau, dans ton Antre millénaire et chaud

(oui, les Profondeurs ne sont pas toujours froides mes Amis),

afin d’y verser les larmes de mes Supplications… »

   

 

- « Parle ! Je suis parfois gourmand... Mais ce soir, j’ai un appétit galactique, et je me sens d’humeur à supporter ta Mélancolie… »   

 

Sans un mot, j’ouvris mon Crâne chauve pour montrer à la Bête  

Ce qu’il me restait de Peine et de Parole…  

Le Gouffre s’offusqua :

 

-         « Te moques-tu de moi ? Ta Peine dépasse de loin ta Parole !  

 

Comment vas-tu faire, monstre d’égoïsme, pour satisfaire mes Gémissements ? »

 

Dans le silence, J’ouvris Une parmi les veines encore humides de mon corps,

laissant couler, goutte à goutte,

sur le bord de la Bouche Céleste,

Le cadeau de ma Naissance, mon Bien le plus Terrible,

Le Sang des Braves, le Sang des Hommes Sauvages et Libres…

 

       

 

NEG


Par KAYMWENKRAZE MAPVIVNANBWA - Publié dans : negmon
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Jeudi 8 septembre 2005

La Chambre d’Amis…

 

 

D’abord j’étais tout seul, avec mes larmes.

La peur ne m’avait pas encore glacé le sang.

Je me savais vainqueur de toute façon,

puisque malgré ma faiblesse, le glaive

qui tremblait toujours dans ma main,

avait déjà baigné dans quelques torrents de sang…

 

Je pouvais encore durer, mais mon épée commençait

A traîner sur le sol…

Et mon plus grand Ennemi,

Blessé par mes assauts, mais jamais atteint,

Guettait ma prochaine Faiblesse.

 

Chasseur intraitable, ayant fait vœux de chasteté

(mon âme, pécheresse, a cette Vertu là aussi…)

déterminé à faire le dernier assaut,

j’ouvris mon torse à la Bouche Béante,

et je lui dis : « Au Néant plutôt qu’à Toi !»

 

Soudain j’entendis « une voix humaine
Qui traverse les fracas de la vie et des batailles,
L'écroulement du tonnerre et le murmure des bavardages ».

 

 

Par ma fenêtre en effet, surgit une Folie, ailée comme tout Ange,

Recouverte d’étoiles sur tout son corps…

Elle alla, sans invitation, se mettre en position  

Derrière mon dos, comme si elle savait l’importance

Du Combat et me dit à l’oreille : « Lève ta garde,  

 

Hugo, Nietzsche et Malevitch te regardent … »

 

Puis l’on frappa à ma porte : « est-ce ici la Grande Lutte ? »  

« Oui, entrez! » Répondis-je.   

Et je vis venir à moi quelques-uns des habitants de la Grotte,

Tous les gardiens de l’Hiver, du Printemps, de l’Eté et de l’Automne…

Tous ceux qui voulaient encore ouvrir les Voies de l’Impossible…

 

 

 NEG


Par KAYMWENKRAZE MAPVIVNANBWA - Publié dans : negmon
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Mardi 6 septembre 2005

LE PORTEUR DE DRAPEAU... 

 

Fatigué de voir que les choses ne se précisent pas à l'horizon,

Fatigué de porter mes armes à la hanche et au dos,

Fatigué de suivre mon rêve d'absolu,

alors que la foule marche du même pas que la Bête, 

Sans s'offusquer de l'absence de Lune au milieu d'eux,

 

Fatigué de n'être pas encore ce que je suis,

Fatigué de ma force et de ma paresse,

Fatigué de garder le cap malgré la tempête,

je fais tout de même encore un pas devant moi...

Un pas qui ne m'appartient pas,

pour ne pas donner tort à Mandela Nelson...

NEG

 

 
Par KAYMWENKRAZE MAPVIVNANBWA - Publié dans : negmon
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