LA DANSE DE LA PLUIE...
Je l’avais tenu pour responsable de ma fébrilité,
Moi qui avais placé mon Tipi hors d’atteinte,
Flânant tranquillement parmi les animaux sauvages,
Qui savaient au fond ma fragile consistance…
Moi, oh ! Pauvre de moi (on est à l’abri de rien…)
qui me baladais aisément au sommet des choses,
En rien lassé d’avoir tout vu et tout découvert,
Et sans le moindre doute quant à ma Chute,
Je ne l’imaginais pas traverser la mer jusqu’à moi.
Puis elle m’a dit avec certitude:
« Rentre en ma demeure,
Suit cette chaleur, Exultation de mon Soleil,
Elle te mènera jusqu’à la Source.
Pose une main sur l’Ebène de peau,
Parcourt (prend ton temps, je suis Offrande…)
Les collines et les forets de mon être,
Reconnais la terre qui est tienne désormais
Et respire calmement avant d’aller plus loin…
Le chemin, tu t’en doutes, sera long… »
Malgré l’effort qu’il fallait faire
Pour gravir cet Autre sommet,
Je ne me découragea pas.
Laissant tomber mes attirails,
Mon arc, mes flèches et mon couteau
(mon Ame de chasseur me suffira peut-être),
Nu comme le premier jour de la Grande Arrivée,
Je commençais la terrible Ascension…
En cherchant une fixation durable,
Pour assurer ma prise et ma vie,
je mis la main sur Son cœur…
Qui semblait supporter la charge.
Soudain, étonnée de voir que Ma Terre
Ne m’était pas inconnue,
Elle m’arrêta au milieu d’un carrefour
Où je cherchais obstinément ma route,
Et me dit en soupirant :
«Tout Chef Indien que tu es
( Pleine Lune que l’on te surnomme),
A danser ainsi autour de moi,
Tu finiras par provoquer le Grand Orage…
Et Ne compte pas sur ta Nouvelle Terre
Pour avaler la Pluie…»
NEG