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Samedi 24 décembre 2005

 

 LA FACE CACHEE…

Je ne suis pas grand chose.  

 

Comment ont-ils trouvé la force, eux, si mal en point, si mal traités, si mal compris, comment ont-ils trouvé la force de tracer la Route ?

Moi, au milieu de ma médiocrité, occupé à des choses inutiles, je regarde mes pieds s’enfoncer dans la boue de la ville, ma terre par obligation.

Je souffre, oui je souffre du vent qui ne passe plus entre mes bras (que je croyais des ailes lorsque, enfant de la Nature, je volais à travers les arbres et les gens, sans jamais quitter le sol…) 

 

Je souffre et tous mes Dieux interdits ont raison de rire, leurs souffrances centenaires et compréhensibles répondent à la mienne, moderne et minable, faisant de moi la risée de ceux qui étaient braves. 

 

 Je suis fait de ce monde, mais je ne suis pas fait pour ce monde. 

 

Je suis un accident, une cicatrice à la surface de l’existence. 

 

Je… Je… Moi tout le temps…  

 

Une simple hache me suffira-t-elle pour couper court à la rumeur de ce Je sans visage ?

De toute façon, je ne sais pas en finir avec moi-même, je n’ai pas ce talent.

 

Je ne sais plus comment marcher  sans casser la porcelaine humaine qui m’entoure. 

 

Ils le savent eux pourtant que je suis un monstre à quatre têtes, avec une saison maudite dans chaque crâne et un œil de plus à chaque front…

 

 

Voilà qu’ils me disent bonjour en souriant et se réjouissent de chaque jour où je n’enlève pas la couverture de chair qui m’accable.

 Un jour, ils verront ce que je suis…  

 

Un monstre égaré dans le monde, stupide et libre, enfermé dans une sottise sans nom, un semblant d’homme mal terminé.  

 

Mais il sera trop tard :  

 

Ma tristesse leur sera dévoilée et ils seront pareils au fou qui cherche la Lune au fond de l’eau, pareil à l’animal sauvage qui livre un combat sans merci contre des monstres de sa race, cachés au fond de lui-même...  

 

 Il aurait fallut que je sois une simple roche, un vulgaire caillou installé au soleil, enfoncé dans le sol pour ne heurter personne, ronde pour les caresses du temps qui passe…  

 

Une pierre dont on fait le tour rapidement, une pierre sans histoire dans un sol fertile, entourée de plante qui reviennent à chaque saison…  

 

Cependant, je demeure Homme, mobile et insatisfait.  

 

Qu’est-ce qui donnent à mes pas cette inutile fierté, sur cette route sans direction ?  

 

Mes mains, oui, mes formidables mains, sans croûte et sans ride, mes mains qui n’ont jamais encore donné de coup de grâce, mes mains propres, qui portent la charge trop lourde de mes semblables, masqués et abominables…  

 

Mes mains  n’ont rien à faire sur mon visage...  

 

 NEG 

Par KAYMWENKRAZE MAPVIVNANBWA - Publié dans : negmon
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