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Lundi 6 mars 2006

Le fauteuil du psy…

  J’avais bien envie de la partager cette impression. La fênetre était entre-ouverte et je restais assis sur le canapé des fous, seul, pensif par nature, regardant le vide à travers cette cavité joyeuse dans le mur, qui semblait me laisser la liberté de choisir…

 

J’avais envie de dire et de faire, mais je n’attendais personne. Elle vint pourtant poser sa main sur mon épaule, sans passer par les voies officielles de l’existence. Peu m’importe, elle avait une jolie main la créature.

-         Je suis là maintenant, me dit-elle.

Mais alors que ma bouche allait s’entrouvrir pour lui parler d’extase et d’autres choses en apesanteur, son doigt, tel un oiseau inespéré, vint se poser sur mes lèvres. Mes yeux, d’habitude avide de lumière, se fermèrent afin que je garde pour encore un moment l’innocence léguée par mes pères. Etait-elle une menace, cette chimère féminine ?

      

J’avais confiance. Après quelques secondes, ce doigt taquin fit venir toute une main, qui commença une promenade sans fin sur mon visage de pierre. En passant par ma joue, mon front, mon nez, elle fit ce que fait la pluie sur la terre sèche, elle remis de la vie entre les sillons stériles. 

J’allais m’endormir quand une voix vint traverser l’intimité de mon esprit : 

 

       -         Avant que je sois, tu fus témoin, malfaisant personnage, du néant que je suis au fond. N’ai pas peur maintenant, je suis devenu désirable comme la lumière, inutile d’ouvrir  tes yeux mon éternel ami, j’apaiserai ta douleur.

C’est vrai que j’étais bien. Mais ma raison gargantuesque voulait se régaler de cette nouvelle sensualité. 

Je pris alors sa main comme on récolte le blé sur une terre fertile, et je la fis passer devant moi.

-         Non ! me cria-t-elle.

Sa voix me fit à ce point tressallir que je ressens dans mon corps jusqu’à maintenant, le froid frisson qui l’avait parcouru. 

Je vis alors surgir une « Femme sortant de la Lumière », une créature semblable à la peinture de Kétévane Cellard, nue comme goutte d'eau suspendue. Elle courrue vers la fenêtre et avant de s’y précipiter, tourna vers moi son regard angoissé, effarouchée par je ne sais quoi en moi de terrifiant et de misérable…

-         Qu’avais-je envie de te voir ? Me dis-je à moi-même en pleurant. Suis-je poète ou peintre à la fin ?

Comme une dent plantée dans la chair, mon corps accroché au fauteuil des damnés, m’empêcha d’attrapper sa silhouette nue qui s’en allait complêter le curieux tableau que formait la fenêtre… 

-         Chasseur d’éternité, me dit-elle dans un soupire, aucun Idéal, fut-elle aussi belle que moi, ne peut survivre à l'ombre de ton esprit…

Elle ne rajouta plus rien, concentrée qu’elle était à redevenir éphémère…

NEG

A une certaine KC et ses feux rouges...Imaginaires.

 

http://www.kcellard.com/

 

 

 

 

Par KAYMWENKRAZE MAPVIVNANBWA - Publié dans : negmon
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Commentaires

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                                    Pessimisme


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Commentaire n°1 posté par La Babiche le 09/03/2006 à 17h41
Pessimiste joyeux! J'ai l'âme de mon Temps Demoiselle...
Commentaire n°2 posté par NEG le 10/03/2006 à 00h01

C'est bien là l'essentiel !!!!!


C'est étrange le Destin, cette manière impromptue qu'il a de dresser devant nous des barricades ou bien alors....des portes ouvertes sur Demain....


Entre les deux, nous errons...attendant que la barricade s'effondre ou que la porte fictive n'apparaisse....Je ne sais pas si j'erre ou si la porte m'est invisible, peut être que la barricade s'effrite déjà....Peut être que le Vide se trouve dans les mains de ce Destin ?


Bien à toi,


Babiche

Commentaire n°3 posté par LA BABICHE le 10/03/2006 à 14h15

on erre tout seul, on se balade en groupe...


errons errons, nous nous baladons!


Biz

Commentaire n°4 posté par NEG le 10/03/2006 à 20h16

Bonjour Neg,


Peut être que le chasseur, lasse que de n'avoir trop chassé et utilisé des armes peu convaincantes, s'est réfugié dans un coin de la forêt...en silence et près de la plus pure des fontaines....abandonnant les armes, les heures de lutte contre lui-même et chantant près du Feu, la douceur de ce moment....


NB. Le LiOn est toujours le Roi de cette forêt...la biche, une étoile tentant de le réchauffer assez dignement, comme un Souverain se doit de l'être....


Bien à toi


Babiche


Commentaire n°5 posté par La Babiche le 15/03/2006 à 10h51

Ma chère Amie,


il y a des chasses qui ne se termine jamais. Mon fusil rangé dans un coin définitivement (suivant le conseil d'une Fantaisie), je garde bien près de moi mon couteau couvert du sang des fuillants, mes flèches pointées vers l'impossible et mon arc toujours ferme devant l'adversité...


Car bien des choses sont pénibles en ce moments dans notre beau Monde... La chasse à la connerie s'ouvre trop tard et chaque individu amoureux de l'humain se trouve au dépourvu...


Donc qu"elle se rassure la Bichette, il n'est pas encore venu le temps du repos pour les braves, mais je dois avouer que, comme certains Animaux, je profite un moment du bon temps qui passe et de la Kalité...


Paix mes Amis, Paix...

Commentaire n°6 posté par NEG le 16/03/2006 à 21h59
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