BLOGOSIE 
Le fauteuil du psy…
J’avais bien envie de la partager cette impression. La fênetre était entre-ouverte et je restais assis sur le canapé des fous, seul, pensif par nature, regardant le vide à travers cette cavité joyeuse dans le mur, qui semblait me laisser la liberté de choisir…
J’avais envie de dire et de faire, mais je n’attendais personne. Elle vint pourtant poser sa main sur mon épaule, sans passer par les voies officielles de l’existence. Peu m’importe, elle avait une jolie main la créature.
- Je suis là maintenant, me dit-elle.
Mais alors que ma bouche allait s’entrouvrir pour lui parler d’extase et d’autres choses en apesanteur, son doigt, tel un oiseau inespéré, vint se poser sur mes lèvres. Mes yeux, d’habitude avide de lumière, se fermèrent afin que je garde pour encore un moment l’innocence léguée par mes pères. Etait-elle une menace, cette chimère féminine ?
J’avais confiance. Après quelques secondes, ce doigt taquin fit venir toute une main, qui commença une promenade sans fin sur mon visage de pierre. En passant par ma joue, mon front, mon nez, elle fit ce que fait la pluie sur la terre sèche, elle remis de la vie entre les sillons stériles.
J’allais m’endormir quand une voix vint traverser l’intimité de mon esprit :
- Avant que je sois, tu fus témoin, malfaisant personnage, du néant que je suis au fond. N’ai pas peur maintenant, je suis devenu désirable comme la lumière, inutile d’ouvrir tes yeux mon éternel ami, j’apaiserai ta douleur.
C’est vrai que j’étais bien. Mais ma raison gargantuesque voulait se régaler de cette nouvelle sensualité.
Je pris alors sa main comme on récolte le blé sur une terre fertile, et je la fis passer devant moi.
- Non ! me cria-t-elle.
Sa voix me fit à ce point tressallir que je ressens dans mon corps jusqu’à maintenant, le froid frisson qui l’avait parcouru.
Je vis alors surgir une « Femme sortant de la Lumière », une créature semblable à la peinture de Kétévane Cellard, nue comme goutte d'eau suspendue. Elle courrue vers la fenêtre et avant de s’y précipiter, tourna vers moi son regard angoissé, effarouchée par je ne sais quoi en moi de terrifiant et de misérable…
- Qu’avais-je envie de te voir ? Me dis-je à moi-même en pleurant. Suis-je poète ou peintre à la fin ?
Comme une dent plantée dans la chair, mon corps accroché au fauteuil des damnés, m’empêcha d’attrapper sa silhouette nue qui s’en allait complêter le curieux tableau que formait la fenêtre…
- Chasseur d’éternité, me dit-elle dans un soupire, aucun Idéal, fut-elle aussi belle que moi, ne peut survivre à l'ombre de ton esprit…
Elle ne rajouta plus rien, concentrée qu’elle était à redevenir éphémère…
NEG
A une certaine KC et ses feux rouges...Imaginaires.